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Laurence Jenkell telle quelle

Parvenant à l’atelier de Laurence Jenkell, à l’orée du village de Vallauris, une puissante sensation séculaire étreint le visiteur. Alors qu’en une dizaine d’années seulement, ses Bonbons (mais aussi leurs ramifications plus ou moins directes, les emblématiques Wrappings, les ADN, les Robots, les Butterflies…) ont conquis la planète, l’art de Laurence Jenkell, en effet, s’avère profondément ancré, non seulement dans l’histoire et la géographie de ce territoire azuréen, mais précisément dans les secrets de cette argile réfractaire bien particulière de Vallauris.

Pourtant, au commencement était le verbe, dit-on. Commençons donc avec le nom, son nom de Laurence Jenkell dans une généalogie déserte. Pour un créateur, choisir un pseudonyme en reniant son patronyme, c’est faire violence à sa lignée, rejeter le nom du mari ou du père (souvent pour rester sain d’esprit). Le parcours de Laurence Jenkell est une épiphanie ; c’est vierge de tout antécédent qu’elle se propulse sur la scène de l’art il y a dix ans. Hier ; il y a une éternité.

Car au-delà de ses créations, tout artiste, avant tout, œuvre à l’invention de lui-même. En triturant la matière inerte jusqu’à la doter d’esprit, il doit en premier lieu s’auto-engendrer, se révéler à lui-même, construire littéralement sa propre identité. Cette exigence définit primordialement Laurence Jenkell, dont le chemin jusqu’à l’art a été une longue, patiente, opiniâtre conquête. Issue d’un milieu peu porté vers la culture, les exigences d’un premier mariage semblent devoir lui barrer toute possibilité créative, jusqu’à ce que, dans le secret de sa cuisine, dans un tête-à-tête silencieux avec son four domestique, véritable symbole de cette aliénation, elle confectionne des pâtes de friandises fondues, coulées de couleurs doucereuses et sirupeuses, enfermées dans des résines artisanales, premières peintures saisissantes, rencontres fortuites, sur un marbre de marmiton, d’une frustration ancienne (la privation de douceurs) et d’une libération toute neuve, celle d’un torrent de créativité que plus rien ne devait arrêter.

Pareillement, la terre de Vallauris sommeillait dans un lit fluide de kaolin jusqu’à ce qu’au XVIème siècle, une poignée de familles génoises dont quelques potiers, fuyant la peste, ne commencent à la façonner en taraïettes, de miniatures et archaïques vaisselles faciles à tourner. Courage et détermination, déjà, étaient nécessaires pour descendre cette “terraille culinaire” à dos de mulet jusqu’au rivage de Golfe-Juan pour l’expédier de par le vaste monde. Utilitaire, finalement dépassée par l’arrivée de matériaux plus idoines, aluminium, fonte, inox, à la fin des années 1940 cette production cède devant un nouvel élan, celui de l’art, amené par Picasso, arrivé ici en 1947. Dans son sillage, une

étonnante artiste prend ici racine. Née Anna, Anton Prinner se coiffe d’un béret, fume la pipe et ne s’habille plus autrement qu’en homme depuis son arrivée en France vingt ans auparavant. Picasso la salue d’un “Monsieur Madame”, et la surnomme “mon petit pic-vert”, pour sa stupéfiante propension à sculpter de gigantesques troncs. à l’enseigne du “Tapis Vert”, Prinner participe pleinement, pendant près de quinze ans, à l’invention de cette “école de Vallauris” dont la notoriété est à présent mondiale.

Naturellement, c’est à Anton Prinner que je songe en observant Laurence Jenkell à l’entrée de son atelier s’attaquer à un bloc de plexiglass qui doit mesurer une fois et demie sa taille, et peser quatre ou dix fois son poids. De la pointe acérée d’un ciseau de métal elle arrache avec méthode, un à un, ces éclats de plastique tranchant qui jonchent bientôt le béton du sol de l’atelier. Certains ne dépassent pas la taille d’une rognure d’ongle, d’autres ont l’envergure d’un poing. Les entailles, accidents, reliefs et égrenures que ces manques créent dans la matière dessinent la surface givrée et changeante d’une cellophane de bonbon qu’il faudra plusieurs mois, ou même années, à achever, et d’où émergera peut-être une figure aujourd’hui invisible, pourtant contenue en germe, emprisonnée dans la masse compacte. La

précédente, révélée en off à la Biennale de Venise en 2015, “Ice Candy Man”, est un spectaculaire bonbon givré aux arêtes acerbes, d’où émerge un saisissant visage à mi- chemin de la vie et de la mort, Hibernatus suspendu à une stalactite de glace,
en une Vanité des temps immémoriaux, et pourtant terriblement actuelle.

On distingue usuellement trois sortes de sculpteurs : les modeleurs, les mouleurs et les tailleurs. Les premiers partent d’une réserve de matière malléable qu’ils façonnent jusqu’à parvenir à la forme projetée. Ils utilisent la terre, la cire, etc. Les seconds s’emparent d’un modèle, vivant ou inanimé, et en capturent le contour, qu’ils transposent ensuite dans un matériau choisi, du bronze, de la fonte, ou autre. Les troisièmes entament un bloc dense, dans lequel par soustraction ils dégagent le volume souhaité, généralement dans du bois ou de la pierre.

Par nature, je le crois, Laurence Jenkell n’est pas femme à se limiter à un genre. Par bonheur (mais certainement pas par hasard), son matériau d’élection, le plexiglass, est peut- être le seul à se prêter à l’ensemble de ces transformations. Ainsi Laurence Jenkell est-elle modeleuse, mouleuse et tailleuse de, sur et dans le plexiglass. Jamais loin de son four
(sauf qu’à présent c’est elle qui l’a domestiqué, allant jusqu’à s’en faire construire un sur mesure, à l’envergure des plaques qu’elle manipule), généralement elle le chauffe jusqu’à un point d’équilibre qu’elle maîtrise désormais parfaitement. Là, elle peut aussi bien successivement, et même simultanément, le mouler (autour d’une forme existante ou créée par elle) et le modeler, lui imprimer un de ses tours de “wrapping” qui symbolise désormais son art, cette torsion qui s’échafaude en spirale, dans la série des ADN.

Chaque geste, chaque wrapping posé dans la chaude et sèche quiétude de l’atelier, est unique. En cela déjà il porte en lui, gravé aussi sûrement que l’arbre s’identifie par ses cernes, la marque de son irréductibilité. Comment ne pas y voir un écho de cette “invention de soi” qui singularise l’artiste ? Comment ne pas penser à l’histoire particulière de cette terre de Vallauris, réinventée par et pour les artistes ? Comment ne pas convoquer la figure d’Anton Prinner, qu’une certitude profondément enracinée a conduite à se métamorphoser dans la transgression de toutes les frontières, géographiques, bien sûr, historiques, mais y compris sexuellement, physiquement, à façonner sa personnalité comme elle façonnait le bois ou la terre ? Alors que les questions d’identité, de révélation de sa nature profonde, sont au cœur de l’art de Laurence Jenkell, comment ne pas admettre que toute forme créée par l’homme est produite par la rencontre d’une “histoire personnelle” et d’une “mémoire collective” ?

Dans cette perspective, Laurence Jenkell s’est naturellement intéressée aux drapeaux. Si l’une de ses sculptures les plus emblématiques demeure la sculpture “Bonbon Qatar” de 2011, dialoguant à Paris sur la mythique Place de l’Etoile avec l’Arc de Triomphe, l’alignement, la même année, d’une vingtaine de “Bonbons Drapeaux” sur la non

moins mythique Croisette de Cannes à l’occasion d’un sommet, le G20, visant à favoriser la concertation internationale des plus grandes puissances mondiales, est caractéristique de l’envergure de son art. Aucun défi n’est trop ardu pour Laurence Jenkell, aucune matière n’est impénétrable, aucune distance n’est trop grande, aucune différence culturelle n’est insurmontable. Son art entend s’adresser à tous et à toutes ou plutôt, à l’instar de son propre parcours, chercher à dialoguer avec cette parcelle de nous qui, depuis l’enfance, demeure persuadée qu’il demeure possible de renverser la table et de construire un monde plus beau.

Transfigurer l’utilitaire, transcender le banal pour faire advenir l’Art avec un grand A, est ainsi une habitude sur les collines de Vallauris. Comme Picasso ou Prinner avant elle, Laurence Jenkell s’est emparée d’un matériau a priori pauvre, le plexiglass, et d’un motif très quotidien, le bonbon, mais elle a su dégager leur noyau palpitant de la gangue de trivialité

qui les incarcérait, pour en dégager au contraire l’universel, l’unique sans cesse renouvelé,

l’expérience troublante, “qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même / Ni tout à fait une autre”.

Ses récentes séries de travaux autour de silhouettes de “Bâtiments” ou de “Robots” expriment, me semble-t-il, cet acharnement à édifier, échafauder, élaborer de nouvelles identités susceptibles de représenter un certain état actuel du monde, mais aussi d’annoncer, d’anticiper ses évolutions. A partir d’un archétype universel, le Bonbon, Laurence Jenkell a fédéré, en une petite dizaine d’années, une communauté spontanée tout autour de la planète. Ses sculptures l’ont amenée de Valence à l’Exposition Universelle de Milan (2016), de la Biennale de Venise (2015) à Singapour, d’Abu Dhabi à l’Azerbaïdjan, et à présent à New York, où elle s’installe pour un an dans un de ces nœuds de communication, un de ces hubs qu’elle affectionne particulièrement, elle dont tout l’art est une invitation à la libre circulation des désirs et des idées. Pour se rendre à Vallauris, déjà, le visiteur n’a qu’à suivre son itinéraire sucré à la Hansel et Gretel, entre les “Sweet Flying Candies” qui accueillent les voyageurs dans le grand hall de l’Aéroport de Nice Côte d’Azur, et le monumental (5 mètres) “Wrapping Candy” en polyester rouge écarlate installé le 9 octobre dernier en lisière de l’autoroute A8, au niveau de l’échangeur de Nice Ouest.

Sans aucun doute inintentionnellement, les Bonbons de Laurence Jenkell peuvent irrésistiblement être envisagés (cela n’a jamais, je crois, été noté) comme les doubles positifs des tas de friandises emballées du grand artiste post-minimaliste américain Felix Gonzalez- Torres. Forgés dans un tout autre contexte – les années de l’épidémie de SIDA – ils sont laissés à la disposition des visiteurs, invités à s’en emparer, les emporter, les consommer, les ingérer. La quantité de bonbons est déterminée, chez Gonzalez-Torres, par le poids de celui dont le tas (toujours posé à terre, parfois dans une encoignure, parfois répandu en formes géométriques au sol) est le portrait. Dans une allusion transparente à la transsubstantiation chrétienne, le regardeur accueille dans son propre corps un fragment de l’œuvre, dont il se nourrit en participant à la détruire.

Les bonbons de Laurence Jenkell en sont des doubles positifs en effet car ils ne participent pas du tout de la même histoire. Il ne s’agit pas ici de véritables bonbons mais de leur représentation, ce qui fait écho à ses premiers travaux dans lesquels l’artiste, déjà, s’évertuait à mettre à distance le bonbon en le fondant, en le glaçant derrière une couche de résine supplémentaire, pour mieux l’évacuer, vaincre son appétit mortifère. Elle qui a été si longtemps privée de sucreries, et en a tellement souffert, est parvenue à dépasser le stade de la frustration pour manipuler aujourd’hui ce motif comme un “Placebo” (titre d’une œuvre majeure de Felix Gonzalez-Torres conservée au MoMA à New York). Elle choisit donc bien de demeurer à l’intérieur du dogme duchampien essentiellement protestant : on commémore la Sainte cène comme repas du souvenir, on se nourrit de Jésus, mais spirituellement seulement. Au passage, si le regardeur se prive peut-être de cette “gratification orale” qu’évoquait Felix Gonzalez-Torres avec humour à propos de l’un de ces tas, “USA Today”, il échappe aussi à son revers inéluctable, le “sugar rush”…

L’Amérique, déjà… On ne manque jamais de rappeler le “terroir” dans lequel l’art de Laurence Jenkell s’épanouit, cette Côte d’Azur bénie des Dieux de la création sur les rivages de laquelle l’art prend si bien racine. Des éclats de lumière somptueux de Monticelli, qui éblouirent tant Van Gogh, aux fauves ne sachant où donner de la tête à l’Estaque,
puis surtout aux fécondes années 1960 où le Nouveau Réalisme, Fluxus, puis Support(s)/Surface(s) y virent le jour, toute une histoire de l’art en France joyeuse, fraternelle, bigarrée, énergique, s’est écrite ici. Pourtant, même si sa
sculpture adresse parfois quelques clins d’œil à Arman, César, Fahri, Gilli ou Sosno, ces grands sculpteurs de l’Ecole de Nice, je rapprocherais plus volontiers pour ma part Laurence Jenkell de John Chamberlain, le géant américain qui, depuis la fin des années 1950, cherchait dans les méandres de la carrosserie automobile, froissée, pliée, des formes inédites et étonnantes. “Artiste quintessentiel de l’Amérique”, Chamberlain s’est arrogé

l’automobile comme Jenkell la friandise, afin d’extraire de ce symbole de l’abondance de la société de consommation des qualités plastiques insoupçonnées, en usant notamment de torsions, de froncements, mais aussi de gammes colorées, de nuances et de dégradés extrêmement voisins de ceux de Laurence Jenkell. Peu connues, Chamberlain réalisa d’ailleurs au milieu des années 1980 de minuscules sculptures de nœuds (“Foils”) qu’il réussit à agrandir en aluminium au milieu des années 2000, les transposant alors en formats monumentaux sans sacrifier la luminosité ni la spontanéité des modèles d’origine, abordant des questions de sculptures, et des solutions formelles, auprès desquelles les propositions actuelles de Laurence Jenkell supportent absolument la comparaison.

La grande liberté et la non moins grande détermination avec laquelle Laurence Jenkell conduit ses recherches, développe ses thématiques et enrichit son répertoire de formes, forcent l’admiration et dévoilent un authentique tempérament d’artiste. Le Bonbon
demeure le noyau dur de son identité créative, mais elle en explore habilement toutes les possibilités : “Après avoir décortiqué mon Bonbon, assemblé chaque partie, composé et décomposé la papillote, l’ellipse, le noyau, rassemblé les différents composants du noyau, agencé et organisé les cristaux de sucre, dissocié les phases et les associer à nouveau, l’évidence de mon nouvel axe de travail s’est imposée à moi. La spirale ou la torsion de deux papillotes qui donnait à ma sculpture toute son expression et son dynamisme m’amenait directement à la double hélice de l’ADN, la molécule de l’hérédité”, dit-elle. Comme le sucre se file en cheveux d’anges de section microscopique mais à la résistance étonnante, la pratique de Laurence Jenkell s’auto-engendre en arabesques circonvolutives, élégantes et lumineuses, prenant le regardeur, charmé, au piège bienveillant des reflets de ses séductions arachnéennes.

Femme, autodidacte, tenue à l’écart des chemins balisés de l’art académique, Laurence Jenkell a dû puiser au plus profond de son être l’énergie folle qu’elle offre, depuis lors et sans la réfréner, aux amateurs de sa sculpture, chaque jour plus nombreux. C’est une artiste vraie, vraiment une artiste. Chaque jour elle arpente l’atelier à la recherche de nouvelles pistes, de solutions inédites. Elle y amène sa conscience de tous les dysfonctionnements du monde, et elle leur tord le cou d’un geste déterminé, à l’image de cet énergivore réfrigérateur, de cet éléphant recouvert par les crevasses des rides, ou de ce conteneur à ordures, dont elle renverse le destin d’un twist ravageur.

Laurence Jenkell affectionne les matériaux avec lesquels on ne peut tricher, qui expriment la vérité d’un certain état du monde. Son wrapping est l’équivalent, dans la sculpture occidentale contemporaine, de l’ancestrale calligraphie orientale; plus qu’un geste c’est un principe, LE principe qui engendre tout ce qui existe, la force fondamentale

qui coule en toutes choses de l’univers. Sa préparation, la mise en place du matériel, le choix des outils, la montée en température de la feuille de plexiglass, la sélection des étaux, tout concourt à la concentration nécessaire à l’exécution de cette torsion qui ne pourra être corrigée ou effacée. Ainsi, la sculpture de Laurence Jenkell est un art martial, dont la pratique exige d’elle la plus extrême concentration, et un total lâcher-prise. Pour ce seul geste, rapide, précis et simple, Zen et Tao doivent se frayer lentement un chemin car, ainsi que le professait Georges Braque, une idée ne peut se trouver en même temps “dans la tête et au bout du pinceau”.

Forgé en 1972 par le psychanalyste Jacques Lacan, le concept de nœud borroméen, nouage de trois tores formé par l’intrication du réel, du symbolique et de l’imaginaire, structure le champ de l’expérience analytique. Le nœud borroméen est la seule forme susceptible de réunir le “trou interne”, ce qui insiste, et le “trou externe”, ce qui existe. Le wrapping de Laurence Jenkell n’est pas autre chose, ce qui le dote d’une puissance symbolique inimaginable, propre, pour reprendre les mots de Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard, à débusquer en chacun de nous les “racines plus profondes dans un de ces motifs que nous appelons irrationnels parce que ensevelis sous des amas d’ignorance de nous-

mêmes”. Il rassemble en effet en un geste simultané l’espace et le temps en profondeur, vers un point aveugle, se retournant à demi, et invite à avancer encore et encore, de biais, comme pour jeter un dernier œil sur le monde qu’on laisse derrière soi.

Stéphane Corréard Octobre-novembre 2017

  • Bettencourt – Schuller Foundation, Neuilly-sur-Seine (France)
  • Bouygues Foundation, Saint-Quentin en Yvelines (France)
  • Chanel Foundation, Neuilly-sur-Seine (France)
  • Coca-Cola Museum, Atlanta (USA)
  • General Council of Alpes-Maritimes (France)
  • Copelouzos Family Art
  • Museum, Athens (Greece)
  • Cristobal Gabarron Foundation, Barcelona, Mula, (Spain)
  • Domaine Rolland De By (France)
  • Fight Aids, Monaco (Monte Carlo)
  • Fine Arts Museum, Calais (France)
  • France Art Contemporary Foundation, Breux-Jouy (France)
  • IPIC Abu Dhabi (United Arab Emirates)
  • KNEIP Foundation, Luxembourg (Luxembourg)
  • Miniatures Museum, Amsterdam (Holland)
  • Mission Childhood, Monaco (Monte-Carlo)
  • Montresso Foundation, Geneva (Switzerland)
  • Nice French Riviera Airports, Nice (France)
  • New York & New Jersey Harbor Authority (USA)
  • Soroptimist Club, Monaco (Monte Carlo)
  • Stellar International Art Foundation, Geneva (Switzerland)
  • Villa Datris Foundation, L’Isle-sur-la-Sorgue (France)Vinci Autoroutes (France)

2019

Museum of Contemporary Art, Erarta, Saint Petersburg (Russia) November-December
Museum of Fine Arts of Chambery (France) and exhibition in city’s streets July-September «Sculpture Link», La Digue, Bel Air Fine Art Gallery, Knokke le Zoute (Belgium) June-August
« Art New York », Boccara Art Gallery, New York (United States)
« PArC », Boccara Art Gallery,Lima (Peru)
«Candy Mania », OFF 58e Venice Biennale Giardini, Bel Air Fine Art Gallery, Venice (Italy)
«Candy Nations», JFK International Airport, New York (United States)
«Candy Nations», World Trade Center campus, including One World Observatory/West Plaza, Lib- erty Park, Oculus Plaza, the West Concourse, and the Tower 2 Plaza, New York (United States)

2018

Contemporary Istanbul, Istanbul Lütfi Kırdar International Convention Center, Artmedy Gallery, Istanbul (Turkey)
«Candy Nations», Garment District, New York (United States)
«Madison Chashama Pop Up Gallery», New York (United States)

“Crossroads of the World”, Port Authority Bus Terminal, New York City (USA)
“ Crossroads of the World ”, 485 Madison Avenue, New York City (USA)
“ Crossroads of the world ” , Garment District , 209 w38th Street between 7th and 8th Avenue, Manhat- tan, New York City (USA)

2017

“Crossroads of the World”, Port Authority Bus Terminal, New York City (USA) “ArtalRoc”, Andorra Museum (Andorra)
“Art Fair Mexico”, Freites Gallery, Caracas (Venezuela)
“Candies by Jenkell”, Batra Gallery, New Dehli (India)

“Venice Biennale”, Venice (Italy)
“Sweet Candies”, Fondation Taylor, Paris (France)

2016

« Candies by Jenkell », AISM Gallery, Saint Geran and Prince Maurice Hotels (Maurice Island)
« Les Candies à Saint-Barth », Hôtel Eden Rocks, Saint-Barth (Saint-Barthélemy)
« CompArart II », International Contemporary Art Exhibition, Pérou-France 2016, Musée Centro Cultural de la Nación, Lima (Pérou)
« Bonbons Géants », Port-Grimaud avec la Galerie Paul Janssen (France)
« Artworks by Jenkell », Paul Janssen Gallery, Saint-Tropez and Grimaud (France)
« Parcours d’Art by Jenkell», Grimaud, Port Grimaud and Sainte Maxime (France)
« Expo by Jenkell », Cannes Croisette, Grand Hotel Garden, Cannes (France)
« Candy By Jenkell », Hotel Londra Palace, Venice (Italy)
« Sweety Candies », Sevildolmaci Art Consultancy, Istanbul (Turquie)
« Candies », Hôtel Eden Roc (France)
« Antalya expo 2016 », Antalya (Turquey)
« Cherry Candy », Route des Arts, La Colle Sur Loup (France)

2015

«Laurence Jenkell and Azerbaijan », World Economic Forum, Intercontinental Davos, (Switzerland) « Jenkell Candy Azerbaidjan », Exposition Universelle Milan 2015, Pavillon Azerbaidjan, Milano (Italy)
« Jenkell Flag Candies », European Games Baku, Baku (Azerbaidjan)
« Voiles de Saint-Tropez, Trophée Les 20 ans du GENIE », Wally Prince Charles de Bourbon-Siciles by Laurence Jenkell, Saint-Tropez (France)

« Jenkell Candies », Antiques and contemporary Arts Salon of Floch Avenue, Le Floch Gallery, Paris (France)

 

2014

« Candies by Jenkell », Opera Gallery Hong Kong (Hong Kong)
« Laurence Jenkell », Heydar Aliyev Center, Baku (Azerbaijan)
« Museum Galeria Mesta Bratislava and French Institute in Slovaquia », Bratislava (Slovaquia) with Alex Mlynarcik and Claude Viallat

2013

« Sculptrices », Villa Datris Foundation, L’Isle sur la Sorgue (France)
« Barbie Loves Jenkell », Grand Palais, Paris (France)
« Biennale Pietra Santa », Italia vs Francia, Pietrasanta (Italy)
« Laurence Jenkell », Jordan National Gallery of Fine Arts, Amman, (Jordania)

2012

«Laurence Jenkell for Art », Mensing Gallery, Hamburg and Berlin (Germany)
«Laurence Jenkell, Parcours de sculptures », Fine Arts Museum, Calais and City of Calais (France) «DNA Coca Cola », Olympic Games London 2012, Club France, London (United Kingdom) « Sweet », Fun- dación Cristóbal Gabarrón y Ciudad de las Artes y las Ciencias, Valencia and Murcia (Spain)
« Sweet Flying Candies », Nice Cote d’Azur Airports, Nice, (France)

2011

« Art Palm Beach », Opera Gallery, New-York, (U.S.A.)
« AIFAF Palm Beach 2011 », Boulakia Gallery, Paris (France)
« Parcours Jenkell, sculptures in the heart of Paris », 8th district and City Hall, Paris (France) « Parcours Jenkell », sculptures in the heart of Cannes », Cannes (France)
« Flag Sculptures G20 », Cannes (France)
« Laurence Jenkell », Maruani-Noirhomme Gallery, Knokke-le-Zoute, Bruges (Belgium)
« Laurence Jenkell », Mensing Gallery, Hamburg et Berlin (Germany)

Laurence JENKELL